→ Les dangers de la cédéisation
15 novembre, 2013 @ 1:18 C49

Les dangers de la cédéisation

 Titularisation et CDI, ça n’a rien à voir !

- Vendredi 15 novembre 2013

• Ce qu’est la titularisation :

– Nos missions sont enfin reconnues statutairement.
– La sécurité de l’emploi est assurée.
– Un salaire décent nous est versé, avec possibilité d’évolution à travers des grilles d’ancienneté de la fonction publique.
– Le temps plein est la norme et le temps partiel est choisi.
– L’évolution de carrière est facilitée : possibilité de passer les concours de la fonction publique en interne.

• Voilà ce qu’est le CDI avec ses pièges et ses dangers :

– Un CDI ne garantit pas un salaire décent à cause du temps partiel imposé, il ne garantit pas, non plus, la sécurité de l’emploi comme beaucoup le croient encore. En effet, c’est un jeu d’enfant pour l’employeur que de licencier une personne sous CDI, c’est beaucoup plus facile qu’en CDD, tout particulièrement depuis que les gouvernements successifs ont instauré la « rupture conventionnelle du contrat de travail » et « l’ANI » au printemps 2013, Accord National Inter-professionnel à lire ICI.
- Un CDI est un contrat de droit privé et, dans la fonction publique, c’est un non sens qui conduit tout droit à la marchandisation du service public et à sa privatisation in fine.
– Un CDI n’est pas un statut, c’est seulement un contrat de travail.
Dans le cas précis, cela concerne quelques 3 000 AVS, il s’agit de CDI à temps partiel imposé avec un salaire de la catégorie C, c’est-à-dire le salaire qui se trouve tout en bas de l’échelle, sans possibilité d’évolution. Quelle avancée, par conséquent, par rapport à nos actuelles conditions de travail ? Aucune !
– Le CDI est, en plus, fonction des postes ouverts chaque année, ce qui signifie que la/le salarié-e peut être baladé-e d’année en année aux 4 coins de l’Académie et son refus engendrera le licenciement de plein droit !
D’autre part, il est suggéré que la/le salarié-e en CDI à temps partiel pourra compléter « le cas échéant » son activité par des « travaux d’accompagnement non scolaire », c’est à dire sur tous les temps de la vie d’un enfant ou adolescent en dehors de l’école … l’accompagner aussi chez lui et à l’école, comme une nounou ou comme une aide à domicile ? Rien n’est exclu ! Nos missions actuelles seraient ainsi complètement dénaturées et s’apparenteraient  à cette fameuse catégorie V du service à la personne. Les nombreux AVS qui ont déjà un niveau I ou II de formation et de qualification -bac+5, bac+3 ou 4- apprécieront ! Il faut bien mesurer aussi le terme « le cas échéant », autrement dit, aucune obligation, pour l’employeur, d’aménager le temps de travail du CDI pour le compléter avec un autre mi-temps, comme c’est le cas aujourd’hui, puisque les emplois du temps sont toujours établis en fonction des besoins de l’élève et de l’organisation scolaire. Il y a donc le risque de n’avoir d’autres possibilités que d’effectuer ce complément de travail qu’à coups de 2 heures par ci ou 3 heures par là, par fractionnement, avec des frais de déplacements non remboursés !
C’est l’Éducation nationale qui sera l’employeur des AVS ainsi que les EPLE, mais elles/ils pourraient aussi proposer les services des AVS  aux associations du secteur sanitaire et social, au groupements d’intérêts publics, aux collectivités territoriales déjà prises à la gorge par les politiques austéritaires de restriction budgétaire… 
À l’annonce gouvernementale, on en connait déjà pas mal (des syndicats, par exemple !) qui applaudissent des 2 mains … omettent-ils, volontairement, de poser les questions qui fâchent et de remettre les pendules à l’heure ? Ils prétendent nous représenter sans nous avoir consulté-e ou bien ils ne tiennent pas compte de notre avis. Leur responsabilité est, de notre point de vue, établie et engagée. Ils ne servent pas les intérêts des précaires, ni des élèves, bien au contraire, ils noient le poisson depuis des années, ce qui nous entraînent, aujourd’hui, dans une pérénisation et une officialisation de la précarité et de la pauvreté. Parler de « professionnalisation » ou/et de   »pérennisation », comme ils l’ont toujours fait, au lieu de revendiquer la seule voie cohérente : la titularisation de tous les précaires sans condition, n’a conduit qu’à conforter les gouvernements dans leur politique de créer un métier au rabais et d’alimenter le flou dans l’esprit des précaires.

Beaucoup d’AVS risquent de déchanter rapidement. 3000 AVS sont concerné-es par cette cédéisation, ça ne pèse pas lourd comparé aux plus de 55 000 précaires qui occupent les fonctions d’accompagnement des élèves porteurs de handicap, avec, pour seules garanties au bout du compte, la précarité, la pauvreté et le chômage !
Enfin, vous noterez la contradiction de ce gouvernement, qui n’en est pas à une près, qui poursuit sa logique de précarisation en rajoutant 8 000 contrats « aidés » supplémentaires à la rentrée 2013 !
Toutes les subtilités démagogiques du gouvernement, à la veille des municipales et des européennes, serviront à redorer le blason d’un gouvernement en perte de popularité. Tout ce que nous redoutions est finalement présent dans sa conférence de presse que nous vous recommandons de lire avec attention : http://multimedia.education.gouv.fr/…/ pour que vous apportiez les démentis nécessaires aux affirmations mensongères et lourdes de conséquences qui orientent l’opinion publique…..
Dans le passé, un autre grand illusionniste nous avait promis une reconnaissance de nos missions : Nicolas Sarkozy. Attention donc aux effets dangereux de cette cédéisation de pacotille que le gouvernement actuel propose, sachant que, jusqu’à présent, le gouvernement Hollande ne fait que marcher dans les pas de son prédécesseur !

• Nous n’accepterons pas que les AVS en CAE/CUI, dont une grande partie d’entre elles/ils possèdent un nombre d’années d’expérience, qu’elles/ils soient les écartées volontairement du projet de ce gouvernement. Nous refusons les discriminations criantes de ce gouvernement.

• Nous n’acceptons pas que les expériences passées des AVS en AED qui ont terminé leurs 6 ans avant le 1er janvier 23013, soient, elles aussi, évincées d’un dispositif de titularisation.

• Nous exigeons que les AVS des Outremers soient intégré-es avec les mêmes droits.

• Nous refusons « la période d’essai » de 6 ans que le gouvernement impose avec tous les risques que cela entraînent, le premier risque étant celui d’être viré-e avant les 6 années révolues !

• Soyez-en sûr-es 

Les choses resteront en l’état si, nous, AVS et EVS, ne nous emparons pas, nous-mêmes, du problème et de notre avenir. Nous attendons donc, tout au long de l’année, votre mobilisation active et votre participation à chacune des réunions que les collectifs organisent, que ce soit pour faire valoir nos droits aux Prud’hommes ou au Tribunal administratif, c’est, plus que jamais d’actualité. Mobilisons-nous pour toutes les actions et manifestations qui sont organisées afin de porter, haut et fort, nos revendications, et de négocier, entre autres, notre titularisation sur nos postes.… 

-Collectif49 Précaires de l'Éducation Nationale
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